mercredi 25 avril 2007

La médecine du cochon d’Inde


Ce matin, j’ai accompagné Padre Pierrick se faire faire une « limpieza de cuy ». Sympa comme programme ! Mais il faut que je vous explique.
La « limpieza », c’est une des techniques de la médecine andine, qui consiste en un « lavement » spirituel et energetique.
Quand elle est exercée avec le cuy (un cochon d’Inde), elle consiste à rechercher, par l’étude des entrailles de ce petit animal, dans quelle partie du corps se trouve le mal, la mauvaise énergie.

Je vais plutôt entrer dans le détail, pour être plus claire.

Tout se passe dans la cuisine des parents de Carmen, dans la communauté indigène de Rumipamba. La cuisine, c’est une petite bâtisse en terre et chaume, avec au milieu un petit feu au bois, une pièce complètement enfumée.


On y arrive à 7 heures du matin et, comme toujours, on est très bien accueillis. Je viens de prendre mon petit déjeuner, et pourtant, comme d’habitude, impossible de refuser ce qu’on m’offre : frites, riz, oeuf et salade. Mmmmm !!!!!

Et puis la séance commence, orchestrée par Flore, la « guérisseuse ».
Padre Pierrick commence par se poser un Cuy vivant sur le cœur pendant plusieurs minutes.



Puis Flore envoie de la fumée de tabac sur le cuy, et ensuite le baigne dans une mixture de sa propre combinaison (notamment composée de plantes, huile et alcool).
Elle continue en frottant ce cuy enduit sur tout le corps du malade, et crache le feu de l’alcool sur ce meme corps.
Puis s’éclipse derrière la maison pour aller ouvrir l’animal, et examiner ses entrailles.
L’interprétation des entrailles doit révéler où se trouve le mal, selon les parties du corps où le sang s’est répandu.

Elle réapparaît dans la pièce et donne son verdict au patient.
Après, c’est une question de croyance en la technique, pour faire confiance au diagnostic !


Très intéressant en tout cas d’avoir eu la chance de vivre cette méthode ancestrale et qui pourrait bien se perdre si la culture indigène continue à décroître.

Parrainer un lama, ça vous dit ?


Je vous ai déjà raconté dans ce même blog que je travaille ici sur un projet de promotion du lama dans la communauté de Palacio Real. Mais cette histoire de lamas va bien au-delà…

Les populations indigènes d’Equateur rencontrent actuellement de graves problèmes : pauvreté, malnutrition, émigration massive, et perte progressive de la culture indigène.
Pour faire face à ces difficultés, la réintroduction du lama (animal natif qui avait quasiment disparu depuis la conquête espagnole) apparaît comme une réponse durable et adaptée à la culture indigène et à l’environnement. L’animal présente en effet des opportunités à valoriser :
- Faire face à la pauvreté (grâce à la laine de lama utilisée pour la fabrication de vêtements chauds et de produits d’artisanat)
- Enrayer la malnutrition (grâce à la viande de lama qui possède de très grandes qualités nutritionnelles)
- Permettre à la population indigène de se réapproprier sa propre culture
- Protéger l’écosystème (les caractéristiques du lama permettent une meilleure conservation et une revalorisation des sols).

Pour développer cette initiative durable, l’association AHUANA vous propose donc de parrainer un lama.
En faisant un don de 60 € à l’association, vous permettrez à une famille d’un village indigène de Calpi d’acquérir un lama et d’en tirer les bénéfices économiques et sociaux déjà démontrés.
Vous recevrez, par courrier ou par Internet, dans les semaines qui suivent l’acquisition de l’animal, une photo du lama et de la famille qui s’en occupera.

Pour plus d’informations : proyectos@ahuana.com

Si vous souhaitez parrainer un lama, il vous suffit de fournir quelques informations basiques (nom, prénom, adresse complète, téléphone, adresse e-mail) et renvoyer les informations accompagnées d’un règlement de 60 € à l’ordre de Ahuana, à :
Association AHUANA
4, rue Bourbon
60860 PISSELEU
FRANCE

vendredi 20 avril 2007

De la politique en Equateur

Le week-end dernier a eu lieu en Equateur un referendum national (faisant suite à l’élection de Rafael Correa et à sa prise de poste comme président en janvier dernier).
Le referendum avait pour question : « Approuvez-vous la constitution et la mise en place d’une assemblée constituante munie des pleins pouvoirs, conformément au statut électoral ci-joint, dans le but de modifier le cadre institutionnel de l’Etat et d’élaborer une nouvelle constitution ? »

Ma curiosité et mon appétit insatiable pour la politique m’ont poussés à essayer d’entrer dans un bureau de vote du village où je me trouvais ce jour-là (à Cuiroga, dans la province d’Imbabura, au nord du pays).
Un petit sourire devant Monsieur le Militaire à l’entrée, et me voici dans la cour de l’école (ici, tous les votes se déroulent dans des écoles). Je me balade dans la cour, un autre officier s’approche de moi, me prenant pour un observateur international envoyé par une ONG. Je le remets dans la vérité, et il continue en m’expliquant comment se déroule le vote ici.




Voici ce que j’ai pu observer :

Les hommes et les femmes ne votent pas dans les mêmes pièces. J’ai eu beau en demander plusieurs fois la raison, je n’ai pas trop réussi à obtenir quelque chose de convaincant (« parce que ça va plus vite comme ça », « parce que les hommes ne savent pas respecter les files d’attente »… m’a-t-on expliqué). Sûrement pour que les hommes n’essaient pas d’influencer les femmes dans leur vote, en fait.



Ensuite, voici à quoi ressemble le bulletin de vote (là, il faut cocher sur le bulletin), pas facile quand on sait pas lire !

L’isoloir (un simple carton derrière lequel se cacher « pour respecter le secret du vote »)


Et l’urne dans laquelle déposer le bulletin



Et surtout, sachez qu’ici, du vendredi midi précédent le vote au lundi midi, il est strictement interdit, dans tout le pays, de boire de l’alcool et de danser !!!!! Pas facile …

En Equateur, le vote est obligatoire (on vous remet un certificat de votation, qui vous est indispensable pour toutes les démarches administratives). Sinon, ceux qui ne votent pas doivent payer une amende assez lourde.

Je me demande juste combien de personnes ont réellement été en mesure de lire le texte qui leur a été soumis et dont ils n’avaient, je pense, que peu de moyens de se procurer le contenu avant d’arriver au bureau de vote puisque celui-ci ne leur a pas été envoyé par courrier avant (dans bien des communautés comme celle de San Francisco où je vis, il n’y a pas de courrier qui arrive d’ailleurs). Il était disponible sur Internet, m’a-t-on dit ! Surtout quand on pense au taux d’analphabétisme qui s’élève à 9,5 % dans le pays (pus spécifiquement, on compte 16,5 % d’analphabètes dans le Chimborazo où je vis, et 43 % dans la population indigène rurale de la province).

Au final, l’Assemblée Constituante a été acceptée à 78 %. Un nouveau départ, je l’espère, pour ce pays qui le mérite bien, et qui a bien du mal avec ses institutions corrompues et ses gouvernements instables.


Ce dimanche, c’est à notre tour de voter. J’espère qu’on fera tous le bon choix...

Esmeraldas, incursion en terre afro

L’Equateur est un pays peuplé de Blancs (descendants directs des colons espagnols), de Métis (descendants de Blancs et d’Indigènes), d’Indigènes (méprisés par les Blancs et les Métis), et de Noirs, on les oublie trop souvent, encore plus mal considérés que les Indigènes et qui subissant le racisme de toutes les autres catégories de la population.

Je suis allée passer une semaine dans une province perchée tout au nord du pays, à la frontière colombienne, sur la côte pacifique : la Province d’Esmeraldas.
Pendant longtemps, cette province était peuplée seulement de Noirs et d’Indigènes, complètement abandonnée des Equatoriens et Colombiens, isolée par son accès difficile (elle a connu plusieurs vagues de migration : 1543 : arrivée du premier groupe de Noirs échoués sur la côte / 1810-1820 : découverte des mines d’or et envoi d’esclaves Noirs / puis les Cimarons, les Noirs qui s’échappent de leur condition d’esclaves et se réfugient dans la province). Aujourd’hui, la province compte aussi une très forte présence des Colombiens qui fuient la guérilla et l’armée.

J’ai vraiment adoré cette région où les hommes dégagent une vraie joie de vivre.

On y trouve bien sûr des plages superbes ...






Mais aussi des petits ports de pêche authentiques








Des maisons-cabanes, comme je les aime ...


Et une population adorable !





Cette incursion en Esmeraldas avait surtout pour objet le rassemblement du groupe Equateur du Comité Episcopal France-Amérique Latine. Nous avons en effet, pendant une semaine, été réunis avec les prêtres, sœurs et volontaires français (les athées étaient aussi bien sûr de la partie) pour partager nos expériences et débattre de la situation du pays, mais aussi de la place de l’Eglise en Amérique Latine.
Le groupe était composé de quelques jeunes volontaires et de prêtres et sœurs présents en Equateur depuis 25 ou 30 ans. A 60 ou 70 ans, ils relevaient tous d’un dynamisme et d’un sens de l’humour indéfectibles. Avec une ouverture d’esprit et un sens critique (fort développé notamment à l’encontre des instances hiérarchiques de l’Eglise catholique) qui me réconcilieraient presque avec l’Eglise…
Voici à quoi ressemblent les réunions de travail en Esmeraldas !!!

Semaine Sainte et procession

La Semaine Sainte est ici, comme dans beaucoup de pays fervents catholiques, un des moments les plus forts de l’année.
Elle donne notamment lieu à des processions. La plus célèbre est celle de Quito qui se déroule le Vendredi Saint. Moi, personnellement, ça me fait plutôt flipper de voir ces hommes encagoulés (un relent de mauvais souvenir de Ku Klux Klan, je crois), mais je vous laisse découvrir.




Celui-ci a choisi pour pénitence de porter une croix 100 fois trop lourde pour lui. Impossible d’avancer, il doit se faire aider de plusieurs personnes et secouristes.



Des vrais fils barbelés sur le corps, avec des vraies entailles…


Et une procession moins flippante, dans les superbes rues du Vieux Quito

Un p’tit tour à la garderie


Parmi les projets soutenus par Ahuana, il n’y a pas que les projets de développement économique, mais aussi des projets à caractère social.
Le nombre d'enfants en bas âge dans les communautés est très important. D’où la nécessité de mettre en place des structures susceptibles de les accueillir.
Les garderies répondent à des objectifs multiples :
- Construire une structure adaptée aux activités d'éveil et d'apprentissage,
- Fournir au moins un repas équilibré par jour à chaque enfant,
- Faciliter la vie et le travail des mères : en effet, avec la migration importante des hommes en ville en raison de l'importante crise économique, les femmes ont une charge de travail quotidienne extrêmement pénible.

Je suis allée passer un peu de temps dans l’une de ces garderies, à Gaushi, avec Marielle (volontaire ici pour 2 ans sur les projets sociaux).
Malgré sa patience et ses grandes qualités professionnelles, Marielle m’explique pourtant que les objectifs de ces garderies ne sont pas tous remplis. Les mamans qui s’occupent de ces garderies ne sont pas toujours tout ce qu’il y a de plus motivé, ou sont complètement débordées par le nombre d’enfants à s’occuper. Elles ont donc pas mal tendance à délaisser les « activités d'éveil et d'apprentissage ». Quand à la notion d’hygiène, je vous passe les détails…

Mais pour le plaisir des yeux, je vous laisse vous délecter des adorables bouilles de ces enfants.







Le programme "théorique" de la journée



La séance de lavage des mains



Marielle apprend aux enfants le corps humain



Le déjeuner



Et la sieste…


mardi 3 avril 2007

Cuenca – Ingapirca : l’histoire de l’Equateur, à la trace


Cuenca est la 3ème ville d’Equateur, mais aussi peut-être le plus beau joyau architectural du pays. Le centre historique, marqué par l’architecture coloniale, y a gardé toute son authenticité, ses étroites rues pavées, ses bâtiments blancs coiffés de tuiles rouges, ses jolies places, les rives verdoyantes du Rio Tomebanba, et ses innombrables églises qui rivalisent de beauté.







Ici, la plus fameuse et la plus grande : la cathédrale de la Inmaculada Concepcion






Mais aussi :

L’église el Camen de la Ascencion et son marché aux fleurs


L’église de Turi






L’église de San Blas



L’église de San Sebastian


Et bien d’autres encore… Moi qui suis passionnée par l’architecture et les lieux de culte, j’ai été aux anges.

Cuenca est aussi la ville la plus européanisée d’Equateur, ce qui se ressent non seulement dans l’architecture, mais aussi dans les comportements, et surtout les endroits où sortir !!!!




Catherine et Sophie s’occupent comme elles peuvent en attendant le bus…




C’est enfin la capitale du célèbre Panama (ce chapeau de paille souple fabriqué depuis les années 1800 doit le quiproquo sur son nom au fait qu’il était porté en masse par les ouvriers du canal de Panama). Regardez un peu comme j’ai un beau chapeau !!!!!






Ensuite, nous avons pris la route d’Ingapirca, pour continuer ce périple historique. Ingapirca est le plus grand site Inca du pays. Il fut construit, à la fin du XVème siècle, lors de l’expansion Inca dans l’actuel Equateur. Sa structure principale faisait office de Temple du Soleil, lieu cérémoniel et observatoire solaire.









Et enfin, parce que les femmes sont si belles ici dans leurs tenues traditionnelles portées tous les jours, un petit sourire de la part des « guapas » de la région.




samedi 31 mars 2007

La journée d’une femme à San Francisco




Les quelques temps que j’ai pu passer ici, au sein de la communauté de San Francisco, m’ont permis de percevoir un peu, au gré des conversations avec les dites-femmes et avec les personnes qui vivent ici depuis longtemps, à quoi ressemble la journée d’une femme de San Francisco de Cunuguahay.

Pour elle, tous les jours se déroulent certainement tous assez invariablement comme cela : se lever à 5h du matin (ou peut-être plus tôt) pour aller couper l'herbe pour les animaux et amener les animaux aux champs, rentrer à la maison cuisiner pour toute la famille, et ramener du bois pour la cuisine, retourner désherber les champs de pommes de terre, labourer et planter pendant des heures, donner le sein au petit dernier qu’elle porte sur son dos toute la journée, aller vendre quelques petits animaux au marché de Riobamba, rentrer à la maison épuisée, mais la journée n’est pas terminée. Il faut encore aller rechercher les moutons aux champs, cuisiner pour le soir, voir son mari rentrer ivre mort après avoir dépensé tout ce qu'il a gagné aujourd'hui, manger en famille le même plat qu’hier et que tous les jours précédents, aller à la réunion communautaire pour parler de la minga de demain . Et enfin rentrer chez soi, érientée. Penser à sa nuit de sommeil bien méritée, mais c’est certainement sans compter sur son mari qui fera une réapparition après avoir un peu désoaoulé et qui exigera peut-être des relations sexuelles, que sa femme en ait envie ou pas...


Heureusement que la vie est aussi ponctuée de jours de fête...


La vie à la Casa del Turismo

2 mois que je suis ici, déjà ! Il est tant que je vous montre maintenant à quoi ressemble le quotidien, la vie à la maison.
C’est comme la vie dans une grande colocation. Il y a en permanence le Padre (Pierrick), 4 ou 5 volontaires et quelques touristes de passage, qui restent en général bien plus longtemps qu’ils n’avaient prévu car c’est vrai qu’on se sent vraiment bien ici.
Je vous montre :

La maison vue de l’extérieur


Activité lessive sur le toit, avec vue sur le Tungurahua, l’Altar et les activités des champs
Le vue sur le village depuis la terrasse

Le couloir pour arriver à ma chambre


Ma chambre (un dortoir pour 4 personnes)




La vue de ma chambre


Le salon et ses multiples activités artistiques, intellectuelles et drôlatiques



Juliana, notre cuisinière



Le repas dans la cuisine (rarement moins de 9 !)




On a meme droit a quelques visites quotidiennes bien sympathiques... comme l'adorable petit Andy




Tout ca pour dire qu'on a bien de la chance, c'est tout confort ici !

jeudi 29 mars 2007

Palacio Real, ou ma participation au projet d’une communauté



L’un des projets sur lesquels je travaille le plus ici depuis mon arrivée, c’est celui de Palacio Real, une communauté indigène qui compte 80 familles, qui se consacrent pour la plupart à l’agriculture et à l’élevage.

La réintroduction de lamas en 2004 a permis à la communauté de mettre en place, à sa propre initiative, un projet de développement économique durable : un pôle d’activités qui rassemble un restaurant de viande de lama, une filature et une teinturerie de laine de lama, ainsi qu’un musée consacré au lama et à sa place dans la culture indigène.

Le batiment a l'etat actuel (il manque encore quelques amenagements) :
a gauche la filature - au milieu, le restaurant - a droite, le musee




Le restaurant et ses 3 charmantes cuisinieres



Aujourd’hui, ce sont 60 familles qui se partagent 150 lamas et alpacas.






Ce projet porte le nom de “Sumak Kawsay”, qui signifie « Bonne vie » en quichua.
L’animal présente, en effet, des intérêts à valoriser, et devrait permettre de :

- Enrayer la malnutrition qui touche particulièrement la région, car la viande de lama est l’une des viandes les plus riches en protéines qu’il existe, et son taux de graisse est extrêmement faible.

- Faire face à la pauvreté, grâce :
à la laine de lama (utilisée pour la fabrication de vêtements chauds, de produits d’artisanat, ou la vente directe),
à la viande de lama (auprès des populations métisses et indigènes du pays grâce à ses qualités nutritionnelles, ou dans le restaurant de Palacio),
et à l’aspect culturel du lama (avec le petit écomusée qui accueille les touristes désireux d'en connaître d’avantage sur cet animal méconnu en Occident).
- Valoriser la culture des indigènes. La réintroduction du lama en Equateur permet également à la population indigène de se réapproprier sa propre culture, en très grande partie oubliée et dépréciée aujourd’hui.
- Protéger l’écosystème, car les pieds des lamas sont pourvus de coussinet, ils coupent l’herbe sans l’arracher, et produisent un engrais très riche qui fertilise le sol.
Vieille femme de Palacio Rela filant la laine de lama

Le projet a été inauguré l’été dernier, et il s’agit aujourd’hui de la promouvoir, pour qu’il prenne tout l’essor que l’on peut espérer.

Puisque je suis en charge ici de la communication, j’ai donc travaillé à la promotion directe du projet : impression des nouveaux documents de communication, et sous peu leur diffusion auprès des agences de voyages, touristes, par Internet…

Mais il s’agit aussi d’organiser un événement d’envergure, capable de faire venir un maximum de personnes sur le site et de le faire connaître nationalement.
Nous avons donc engagé, à l’initiative de Pierrick, l’organisation de la
« Primeria Expo-Feria de los Camelidos Sudamericanos »
les 21 et 22 juillet prochains, à Palacio Real

Ce grand rendez-vous régional sera l’occasion de récompenser les meilleurs lamas de la région dans plus de 20 catégories, de vendre fibres, viandes de lamas et artisanat, de mettre à l’honneur la culture Quichua avec des concours de chants et de danses, et de débattre des enjeux liés à la réintroduction des lamas.
Si certains d'entre vous passent par la a cette periode, surtout, venez y faire un tour...

L’organisation d’un tel projet a commencé par des réunions tardives et interminables avec la Directiva de Palacio Real (une sorte de conseil municipal de la communauté, composé d’une dizaine de représentants qui ont été désignés à l’unanimité par la communauté, comme cela fonctionne toujours dans le milieu indigène). Ces réunions m’ont donné l’occasion d’entrevoir comment se prennent les décisions dans les communautés et le poids du protocole dans tout cela (que d’heures nous avons passées à nous remercier mutuellement de notre présence ici… !!!).
Et quand il a fallu mettre les choses en place concrètement, j’ai pu percevoir à quel point notre façon de travailler est bien différente.
J’avais moi, en tant que « responsable » de la partie communication et organisation événementielle, rédigé une longue note détaillée avec le plan de communication complet et l’ensemble des tâches à réaliser.
Ils ont, eux, été beaucoup plus intéressés par l’autre question : quels allaient être les invités officiels de la manifestation (avant même de savoir ce qu’allait contenir exactement notre manifestation)… Certainement parce qu'ils etaient fiers de savoir qu'enfin des metis et indigenes a responsablites allaient leur faire l'honneur de venir dans leur commuanute (car la population indigene reste ici globalement assez coupee et discriminee par rapport aux autres franges de la population).

Passée cette étape, il s’agit maintenant de mettre en place les outils et chercher les moyens matériels et financiers. Pour cela, je travaille avec Carmen, une indigène d’une autre communauté qui fait des études d’économie qui seront validees sur le suivi de ce projet, et Jorge, l’ingénieur du Ministère de l’agriculture en charge aussi du projet. Bonne humeur et blagues garanties lors de nos réunions de travail !

Groupe de femmes de Palacio Real

Pendant la campagne présidentielle, il n'y a pas que les candidats qui font les marchés...

Quand on a la chance de voyager, on le sait, un des meilleurs moyens de découvrir une culture, c’est de se balader dans les marchés.
Ces lieux de rencontres et d’échanges sont au cœur de la vie quotidienne des habitants d’ici. Bien au-delà, pour le voyageur, ils sont aussi un moyen de mettre tous ses sens en éveil. Sentir ces odeurs différentes et leurs mélanges, voir ces couleurs et leur harmonie, entendre les crieurs essayer de vendre leurs produits invraisemblables, toucher des fruits inconnus dans nos contrées, et finir par les goûter….

Je ne pourrai pas ici vous permettre de ressentir tout cela, je vais juste essayer, par ces quelques photos, de vous en faire entrevoir l’ambiance.


Le marché de RIOBAMBA, le samedi

Marché aux fruits et légumes, et tout ce qui se mange...




























Marché aux bestiaux









Marché artisanal









Le marché de GUAMOTE (à 1h de San Francisco), le jeudi :
absolument tous les coins et recoins de la ville sont ici occupés par ce marché d’indigènes, par les indigènes et pour les indigènes (le jour où nous l’avons visité, nous étions vraiment les seuls étrangers de toute la ville)











vendredi 23 mars 2007

Quand San Fransisco reçoit le Ministère de l Agriculture

Il y a quelques jours, des représentants du Ministère de l Agriculture et de l Elevage sont venus rendre une visite officielle a la Communauté de San Fransisco, pour faire l’état des lieux du tank d’eau qu ils avaient aidé a financer.

Une venue comme ça, ça ne s improvise pas ! Tout commence la veille au soir, quand toute la communauté se réunit dans la minuscule cuisine du groupe des femmes pour préparer le déjeuner du lendemain : a cette heure-ci, il s agit de préparer les « cuys » (les cochons d Inde, la spécialité d ici, ils en raffolent !) et la fameuse « chicha de maïs » (boisson alcoolisée qu ils boivent ici comme du petit lait). Je me joins a eux, et j ai droit a mon grand verre de Chicha avant d aller me coucher !





Le lendemain, ça recommence très tôt. Dès 6 heures du matin, les femmes (aidées de quelques hommes) sont déjà reparties a cuisiner, éplucher et découper des quantités industrielles de patates. Je me demande ce qu ils vont faire de tout ça !







A midi, la délégation du Ministère arrive : 6 personnes. Une visite rapide, et c est la que les choses sérieuses commencent : le repas !

Je suis très fortement conviée et a me joindre a déjeuner a la table des invites.
Au menu : un cochon d Inde grillé par personne + une ENOOOORME assiette de patates + des fèves + du « mote » (du gros maïs blanc) + du Coca + de la Chica + du Zoumir (cet alcool-la, c est du costaud). Si on ne mange pas tout, il ne faut pas oublier qu ici on ne refuse surtout pas ce qu on vous propose et que, de toutes façons, ils distribuent des sacs plastiques a la fin du repas pour ramener chez soit les restes (ça tombe bien !).
Un déjeuner vraiment très sympa ! Il faut dire que c est des marrants les responsables du Ministère.



Le seul hic, c est que je ne comprends pas ou sont les gens de la communauté. En fait, la table des invites comprend : les 6 membres du Ministère, Pierrick (le prêtre responsable de l association), Jean-Antoine (une autre volontaire) et moi. Mais absolument personne de la communauté. A part ceux qui nous servent Zoumir sur Chichas.
Toutes les personnes de la communauté sont en fait en train de manger dehors, rassemblées dans la cour devant, par terre.




Moi, ça me fait tres bizarre, car je n avais rien a faire a cette table avec les personnes du Ministère (je n ai en effet rien a voir avec le projet du tank). Je suis juste une volontaire qui aide a certains des autres projets. Mais j en ai parle, et il semble que cela soit tout a fait normal, et même que ça leur fait plaisir… Juste parce que je suis « banche »…

Les differences, c est pas toujours si facile a vivre...


Et on n oublie surtout pas de resservir un verre de Chicha au conducteur avant qu il ne reprenne le volant !

En balade chez les condors...

La province du Chimborazo est un coin idéal pour les randonneurs. Un de ces dimanches, on s est donc décidés a aller faire une petite marche a la Casa Condor, une communauté non loin de San Fransisco, perchée au creux du Chimborazo (qui est, je vous le rappelle, le sommet le plus haut des Andes équatoriennes, mais on peut aussi considérer que c est le plus haut sommet du monde, ou du moins dont le sommet est le plus éloigné du centre de la terre. En effet, la terre a une forme d'ellipsoïde, dont le rayon est environ 21 km plus important à l'equateur qu'aux pôles, et le Chimborazo est proche de cet équateur, plus que les sommets de l' Himalaya. Pour cette même raison, le sommet du Chimborazo a aussi la distinction d'être le point de la surface de la terre le plus proche du soleil ! "Merci Wiki").


Je vous laisse découvrir ces paysages magnifiques, bien differents encore de tout ce que j avais pu voir jusque-la dans ce pays :


























Sur la route, on a croisé une très vieille femme, qui marchait seule et pieds nus, avec son troupeau d alpacas (des lamas « sauvages »).




C est bien connu, la marche, ca creuse...

La Casa Condor est une toute petite communauté (20 familles maximum) pauvre qui cherche a se développer aujourd’hui grâce au tourisme communautaire.








Si vous voulez voir quelques autres exemples de tourisme communautaire, vous pouvez consulter le site de la CORDTUCH (la coordination pour le développement du tourisme communautaire dans la province du Chimborazo, justement !), dont font partie les projets de San Fransisco et de Palacio Real, et avec qui nous travaillons : http://www.cordtuch.org.ec/

vendredi 9 mars 2007

Misahualli, un paradis pas encore perdu


Pour continuer notre petit périple équatorien, nous avons donc gagné la forêt amazonienne, du côté de Misahualli.
Nous avons rejoint sur place Amélie, une française qui était passée à la Maison de San Fransisco, qui vit là, au cœur de la forêt avec Téo, un indigène Quichua de Misahualli, accessoirement guide et expert en serpents et plantes médicinales.
Nous y avons passé 3 jours merveilleux, à la découverte et la redécouverte de la nature, ses splendeurs et les menaces qu’elle subit aujourd’hui.

Nous avons commencé par entrevoir la forêt par la fleuve, une journée sur un canoë a moteur ou bien grimpees sur de grosses bouées gonflables à se laisser dériver.


Sophie ou la grande classe ! Quand la rivière connaît une baisse inquiétante de son niveau car les précipitations se font plus rares, il faut descendre du bateau, enfiler les bottes, et pousser l’embarcation.

Rives du Rio Napo

Chercheurs d’or sur les berges du Rio Napo




Pirogue traditionnelle



Téo à la pointe du Canoë


Ce qui a été passionnant dans ce périple, ce sont les explications de Téo. En quelques heures, il nous a démontré quelques-uns des trésors dont recèle la forêt : à partir des simples fruits de la nature, il nous a fait des peintures de fête sur la peau, des tampons pour vêtements, des chapeaux, des sacs, des bougies naturelles, et nous a même nourri et aurait pu nous soigner d’un très grand nombre de maux et maladies.

La, je suis bien attentive aux explications ...


Un pote !



Teo fabrique un sac en 2 minutes 30



Sophie, fille de la forêt (dans la collection Printemps-Eté 2008, je vous laisse découvrir les boucles d’oreilles, la peinture sur visage et le couvre-chef spécial Rando)



Cet arbre-là, c’est un malin : il a ses racines à l’extérieur, et peut ainsi se déplacer de plusieurs centimètres par an pour aller se placer au meilleur endroit pour trouver l’eau.


Et celui-là, il a 700 ans (imaginez un peu ce qui se passait alors dans le monde au moment de ses premières croissances), et il faut 25 personnes accrochées pour en faire le tour.



Le clou de la balade : les cascades


Après cette longue randonnée équatoriale, nous voilà crevées, lessivées et le corps recouvert de « nature »… (et pour les presentations, de gauche a droite : Emmanuelle, moi, Marjolaine, Marielle et Catherine)


Ce périple au milieu de la nature à l’état brut et encore bien préservée (dans ce petit coin, aujourd’hui, en tout cas) nous a rappelé la nécessité indispensable de la préserver et de retourner aux fondamentaux. Elle regorge, en effet, à l’état brut de tellement de joyaux, pourquoi toujours recourir aux produits transformés et chimiques ?

Et si vous voulez en savoir plus sur le projet de tourime solidaire d Amelie et Teo dans la communaute de Shiripuno, juste a cote de Misahualli, pour venir peut-etre y faire un tour un jour, ou faire connaissance avec un projet solidaire, ecologique et durable, dans le respect de la culture indigene aujourd hui malmenee : http://shiripuno.free.fr



Et pour finir, en rentrant à la maison, la nature s’est encore rappelée à nous : le Tungurahua venait de se réveiller et on peut en voir les nuages de fumée se dégager et quelques poussières arriver jusqu’à chez nous, à 30 km à vol d’oiseaux du cratère.

Ca c est la vue de notre terrasse

mercredi 7 mars 2007

Les splendeurs de la nature équatorienne

Pour découvrir un peu mieux le pays dans lequel j’évolue ces mois-ci, j’ai pris quelques jours de vacances avec Marjolaine (une autre volontaire d’ici) pour aller faire un petit tour dans l’Equateur, découvrir d’autres régions, d’autres décors (et on a choisi parmi les plus sublimes) et aussi d’autres façons de vivre.


On a commencé par la célèbre boucle du Quilotoa, dans la Sierra centrale, avec pour point d’orgue la Lagune du Quilotoa, au cœur du cratère d’un volcan. Une splendeur, dont je n’ai même pas pu prendre l’intégralité !




On y était logé dans une famille d’indigènes, très sympas, qui vivent là, perchés à 3800 mètres d’altitude, à subire les assauts des vents.




Puis, une looooooooooonnnnnnngue journée de marche pour nous rendre au village andin suivant : Chugchilan. Ici, la marche, c’est leur quotidien. Pour moi, c’est presque du sport intense.

Regardez un peu le parcours : ce cratère, on a dû le descendre à pic et le remonter pour accéder au village qui se trouve en haut de l’autre côté.

Puis nous avons continué la boucle grimpées dans un camion de lait, sympa aussi pour apprécier la vue et la vie quotidienne des paysans.


Pour arriver à Sigchos.



Ensuite, nous sommes allées dans un autre coin, bien différent : Mindo, au cœur de la forêt équatoriale humide. Un tout autre monde, comme un décor paradisiaque, une nature luxuriante, où faune et flore inconnues à notre bataillon se surpassent pour nous en mettre plein les yeux. Dans ce village (touristique, il est vrai), on élève les papillons, les colibris, et les orchidées, mais aussi tout plein d’autres espèces animales et végétales dont je ne saurais retenir le nom.

Attention, ca pique !
Celle-la, c est ma preferee, elle pousse dans les bananiers

Mariposa

Oh, la belle cascade !
Oh, la randonneuse du dimanche !
Et ca, c est pour vous faire rever encore un peu :
Apres la rando, les hamacs, ca c est un truc qui me plait !!!!


Et le village de Mindo, ca ressemble a ca :

Et après, on s’est dirigées vers la forêt amazonienne. Encore une toute autre histoire… pour la prochaine fois !

lundi 5 mars 2007

Carnaval, la suite !


L autre weekend avait donc lieu le carnaval, officiellement de samedi à mardi.

J’ai eu la chance d’en percevoir pas mal de façons différentes de la fêter. En voici un condensé :

En fait, ça a commencé vendredi à Riobamba. Tous les élèves de la ville avaient séché les cours pour se donner rendez-vous dans les rues et s’adonner à leur jeu favori : arrosage avec tout ce qui nous passe par la main : eau, œufs, mousse à raser, farine, substances suspectes… ça je vous en avais déjà parlé, sauf que là, ça a vraiment pris une ampleur de véritable guérilla urbaine. Toutes les rues de la ville étaient cernées, et les mouvements de foule inévitables.




Et puis, comme j’avais envie de voir une autre façon de fêter ce carnaval, je suis partie 2 jours à Ambato, où les arrosages en tous genres sont là interdits. A Ambato, le carnaval, c’est la fête des fleurs et des fruits. Bon, ça a aussi quelque chose d’un peu kitch. J’au notamment pu assister a la célèbre parade : 3h de défilés de chars entièrement composes de fleurs, fruits et pains, avec toutes les Miss d’Amérique juchées dessus, et des groupes de danseurs entre 2 chars.


Cote kitch

Cote folklore


De retour à San Fransisco, le carnaval était loin d’être terminé. Nous sommes donc allés festoyer sur la place, avec nos connaissances de quelques jours ou du jour-même. Au programme :
- toujours les arrosages,
- mais aussi l’arrachage de poulet à la volée (un poulet est pendu par les pieds, attaché à une corde, et celui qui réussit à l’attraper repart avec, sauf que parfois, ils n’arrivent à en attraper qu’une patte ou la tête, et dans ce cas, ils repartent avec le bout déchiqueté, et le reliquat reste en jeu jusqu’au prochain participant !!!),
- et surtout chants et énorme beuverie.


Qui veut du poulet ?



En voila 2 pas tres nets ....


Le lendemain, nous accompagnons Pierrick, le prêtre de l’association, célébrer le carnaval à Telempala, la communauté la plus isolée de la paroisse et la plus petite (15 familles). Arrivés à 10h, on commence par nous servir à boire et à manger : cochon d’Inde grillé et patates. Personnellement déjà que d’habitude, c’est pas mon fort, mais à 10h du matin, y a pas moyen !!!! Mais dans la culture indigène, ça ne se fait vraiment pas de refuser. Alors, on a dû accepter ce « met » et ils fournissent avec le sac plastique pour ramener à la maison. Sympa !


Là, c’est moi et le cochon d’Inde grillé !



A Telempala, la carnaval est un mélange surréaliste de célébration chrétienne, de fête païenne et de fête de la communauté. Le « petit déjeuner » est suivi de la messe en Quichua et Espagnol, puis de danses, sans oublier qu’il faut absolument boire TOUT ce qu’on nous propose.

La messe celebree par Pierrick et suivie par toute la communaute deguisee


Et l’après-midi, ça continue. Cette fois, c’est à la communauté de Palacio Real que nous allons. Et la formule, c’est : passer l’après-midi à suivre un groupe de chanteuses, à entrer dans chaque maison de la communauté, et dans chaque maison, évidemment, il faut boire et manger tout ce qu’on nous propose. Et je crois qu’on a dû goûter tous les alcools possibles à cette saison. Je vous laisse imaginer le résultat !

Ici le groupe en bonne marche...

jeudi 15 février 2007

C’est Carnaval !

Dans quelques jours, on fêtera carnaval dans pas mal de parties du globe.
Ici, carnaval, ça se fête presque pendant tout le mois. Faut bien en profiter un peu ! Et la particularité ne réside pas que dans le calendrier. Les coutumes qui accompagnent le carnaval à San Fransisco sont aussi :

1) Les bombes à eau : depuis plusieurs jours, on ne peut plus mettre un pied dans les rues de San Fransisco sans se faire arroser d’eau par les gamins (cachés sur les toits ou derrière les murs), trop contents de s’en prendre aux gringos.



Là, c’est Marc en train d’essayer de se défendre,
mais il n’est pas aussi entraîné que les petits du coin
(mais je ne fais pas ma maline, j ai eu ma dose aussi !!!)



2) Les concours de chants indigènes.

Nous avons déjà eu la chance d’aller soutenir 2 des groupes avec lesquels nous travaillons :

Ici le groupe des femmes de Palacio Real


Et forcément, ça se termine toujours par un jet de farine, œufs et/ou mousse à raser. Quels blagueurs !



Sous les yeux d’un public qui sait apprecier le spectacle ...




Et là, le groupe des femmes de San Fransisco




Meme les jeunes sont de la partie :







Juliana, notre adorable cuisinière


Là, c’est le guitariste du groupe, qui ne sort jamais faire le show sans sa guitare, sa gourde de Chicha, entourée d’un petit autocollant aux couleurs de « Votez Correa ! » et son pantalon en poils de chevreaux.



Allez, une petite derniere pour la route :


samedi 10 février 2007

San Francisco de Cunuguachay

Et voici maintenant une petite présentation du village où je vis : San Francisco de Cunuguachay.

Le village est situé à une altitude de 3200 mètres, près du célèbre volcan Chimborazo, à 45 minutes de bus de la ville de Riobamba (et sinon, souvent, il faut marcher 30 minutes avant de pouvoir choper le bus).

Lamas sur fond de majestueux Chimborazo



La Place du village


Rue du village


Il est exclusivement composé d’indigènes.



La communauté de San Francisco de Cunuguachay compte environ 250 familles indigènes. Par communauté, on entend l’ensemble des personnes d’un village. Au terme de pueblo (village), qui est une notion avant tout géographique, les indigènes préfèrent celle de comunidad (Communauté) qui souligne une union des êtres, une solidarité dans l’organisation d’un avenir commun.
Les personnes majeures d’une communauté se réunissent au minimum une fois par semaine pour décider des jours de minga (travail communautaire d’intérêt général) et résoudre les éventuels problèmes. Toutes les décisions se prennent à l’unanimité.


En dépit de cette organisation collective particulièrement efficace, des problèmes subsistent, à
commencer par celui de la pauvreté.
Les habitants de San Fransisco vivent quasiment tous de leurs maigres revenus de la terre et des animaux, souvent complété par le revenu du père qui part travailler à la ville. Le revenu journalier est de 2 $ pour le travail rural et 5 $ pour ceux qui sont employés en ville.

La vie de la communauté reste marquée par les défilés pendulaires des aller-retours au champs.


Le village compte aussi un groupe de femmes assez dynamique, qui a su mettre en place, avec le soutien d’Ahuana : une Maison du tourisme, une fabrique de confitures et une fabrique de chapeaux, pour accroître et pérenniser les revenus de la communauté.

Ahuana, un projet de solidarité avec et pour les indigènes

Ma venue en Equateur, et plus particulièrement dans la Province du Chimborazo, est motivée par la participation pendant 3 mois aux projets de l’association Ahuana.
Cette association a pour objectif de soutenir les initiatives de développement socio-économique des communautés indigènes de la paroisse de Calpi, depuis leur origine jusqu'à leur fonctionnement en autonomie.
Cette intervention se fait dans un pays marqué par une crise économique forte qui aggrave considérablement la pauvreté, et ce d'autant plus auprès des populations les plus pauvres du pays, à savoir les indigènes.
Ce sont auprès des communautés indigènes qu’intervient l’association, et en leur cœur que nous vivons.
Ce qui m’a intéressé dans ce projet, c’est que la création et la mise en oeuvre des projets proviennent de la volonté propre de chaque organisation communautaire.
S’appuyant sur l’organisation indigène, l’association tire partie de la force de la démocratie directe qui régit les communautés et qui crée un pouvoir de mobilisation fort. Elle apporte un appui à différents projets par une aide financière et technique (avec en général le soutien d’un volontaire durant les premiers mois de vie du projet).
En contre-partie, la communauté assure la construction des bâtiments et s’engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires au futur du projet.

Le but de l’association Ahuana est d’aider les communautés à survivre en tant que telles afin que l’exode rural ne mette pas en péril le futur du peuple Quichua. Mais 80 % des hommes ont déjà un travail en ville… et la seule chose dont rêvent les jeunes est aujourd’hui d’aller travailler en ville, ou encore mieux, à l’étranger (l’émigration est aussi une des conséquences inquiétantes de la crise économique).

Ahuana signifie « tisser » en quichua, la langue maternelle des indigènes. L’association vise en effet à permettre aux différents projets communautaires de se compléter les uns les autres, pour former ensemble un tissu socio-économique local fort.
Les projets se caractérisent par la création de micro-entreprises communautaires. Ce système d'économie solidaire a pour but de créer des sources de revenu alternatives à celles existantes, et non suffisantes pour améliorer la qualité de vie des communautés indigènes.
Il s’agit également de projets concernant l'amélioration de la santé, de l'éducation, de l'environnement.
Toutes ces initiatives ont pour but commun la valorisation et la conservation de la culture indigène (en utilisant des produits issus de l’agriculture traditionnelle indigène, en travaillant autour des fondamentaux de la culture quichua).

Le soutien de l’association Ahuana a déjà permis la mise en place :

- d’une fromagerie,

- d’une charcuterie,


- de trois garderies,




- d’un moulin et une boulangerie,


- d’une maison du tourisme (où je vis avec les autres volontaires),


- et d’une Maison du lama qui rassemble une filature de fibres de lama, un restaurant touristique à base de viande de lama et un musée du lama.


La, je suis en train d aider Emmanuelle a donner un cours de cuisine aux femmes qui tiennent le restaurant. Quand on connait mon gout pour la cuisine habituellement, ca doit faire rire !!!



- Elle travaille également à la production d’une nouvelle recette de pâtes base de Quinoa.



Toutes ces initiatives permettent de générer des sources de revenus qui redonneront fierté et espoir à un peuple trop longtemps considéré comme incapable, et encore très marqué par la discrimination dans ce pays.


Mon rôle ici devrait être, notamment, de travailler sur la promotion des différents projets, pour que la commercialisation des produits fonctionne et que les touristes viennent découvrir, ici la culture indigène. Il y a aussi dans les idees la mise en place de la 1ere Fete du lama !

Pour plus d’infos sur l’association et ses projets : http://www.ahuana.com/


Et comme le dit la devise indigène : « Shuk shunkulla, shuk makilla, shuk shimilla » (un seul cœur, une seule force, une seule voix).

Ma rencontre avec Guayasamin

Le lendemain, c’est culture. Je m’en vais d’un pas décidé découvrir les œuvres d’Oswalo Guayasamin. Un pas décidé, c’est sympa, mais ici, ça ne suffit pas. J’avais juste oublié que je suis arrivée seulement avant-hier à Quito et que ça reste une ville d’altitude. La montée vers le musée n’a donc pas manqué de me rappeler que mon corps a besoin d’un peu de temps pour s’habituer.


Quelques essoufflements plus tard, j’arrive dans cet endroit un peu perdu au milieu d’un quartier qui ne lui ressemble pas. Un véritable havre de paix : la Fondation Guayasamin. Elle regroupe la collection de l’artiste d’œuvres pré-colombiennes et coloniales, mais surtout une partie de ses toiles. Je ne connaissais malheureusement pas ce grand homme avant de me rendre chez lui, ce fut à regret. Je suis en effet tombée en passion pour son œuvre, comme un coup de foudre. Tant pour sa technique picturale que ses sujets.

Et surtout, j’ai pu prolonger mon plaisir par la visite de sa dernière création : la Capilla del Hombre (la chapelle de l’Homme), un monument-musée édifié selon ses plans (mais malheureusement terminé après sa mort en 1999).



L interieur de la Camina del Hombre



Un hommage à l’humanité, aux souffrances des populations indigènes d’Amérique latine et à l’éternel espoir d’un monde meilleur. Des cris de rage contre les dictatures, les guerres, les discriminations et injustices.

Voici 2 de ses toiles (elles sont toutes tres grandes) qui representent toutes 2 de facon cyclique la misere nee notamment des discriminations :







Pour en voir un peu plus sur Guyasamin et voir quelques-unes de ses realisations : http://www.guayasamin.com/pages/index.html

Je me suis sentie tellement bien avec son œuvre. Tout comme Quito est une ville qui me va bien, je pense que l’œuvre de Guayasamin est une œuvre qui me ressemble dans ses combats (en toute humilité, bien sûr !).

Quito : patrimoine de mon humanite

Mardi 30 janvier : ça y est, c’est le grand départ.
Décollage vers Madrid, puis Quito. Voyage sans problème. J’arrive entière dans ce tout petit aéroport situé en plein milieu de la ville ; effectivement ça permet d’avoir tout de suite une très belle vue sur la ville. Mais il faut bien avouer que survoler les habitations de si près à de quoi surprendre !!!



Vue de l avion et de Quito du meme coup !!!!!!

Jusqu’ici rien de spécial. C’est au moment de récupérer mes bagages que commence la blague. Le carton avec l’ordinateur que j’ai ramené pour l’association est bien là, mais pas mon sac. Dommage ! L’hôtesse m’explique qu’il faudra que je revienne demain, il devrait arriver avec le même vol. Ca tombe bien que je suis une voyageuse avertie et que j’avais prévu, dans mon bagage à main, le kit de survie pour tenir 2 jours (pour arrêter tout de suite le suspens, le sac est effectivement arrivé le lendemain, rien de grave, donc !).

Et puis, rien d’inquiétant puisque j’ai eu a chance d’être agréablement accueillie à l’aéroport par Elise, une amie de mon amie Quitterie qui s’est installée en Equateur avec son copain.
Nous sommes donc allées toutes les 2 le lendemain de mon arrivée découvrir Quito et surtout son centre historique. Le Vieux Quito est classé au patrimoine mondial de l’humanité. Et j’ai bien compris pourquoi. Une véritable perle ! Un quartier qui a gardé toute son authenticité. Plein de vie et d’activités très différentes, il regroupe le pouvoir politique du pays et les populations pauvres de Quito. Un patrimoine architectural splendide (hérité du passé colonial) et bien conservé au milieu duquel la vraie vie continue son cours.



La superbe Plaza Grande








La Coñpania de Jesus, l eglise la plus richement decoree du pays




Elise et moi sur la Plaza San Fransisco






Et quelques rues...

Je me suis sentie vraiment bien dans ce quartier, comme dans mon élément. Je crois que c’est un quartier qui me ressemble.

Lundi 29 janvier : impressions avant depart

Demain, c est le grand depart.

Destination : la Pastoral Indígena de Calpi, en pleines montagnes d'Equateur.

Un autre hémisphère, un autre continent, une autre langue (que je ne maîtrise pas franchement à quelques heures de partir...), et tellement de choses à découvrir. Et aussi un peu à apporter, enfin, j'espère !
Pour l'instant, pas mal de surprises dans ce qui m'attend. J'ai glané quelques infos, mais pas trop, pour le plaisir de la découverte et rester ouverte à tout ce qui peut se passer.