jeudi 15 février 2007

C’est Carnaval !

Dans quelques jours, on fêtera carnaval dans pas mal de parties du globe.
Ici, carnaval, ça se fête presque pendant tout le mois. Faut bien en profiter un peu ! Et la particularité ne réside pas que dans le calendrier. Les coutumes qui accompagnent le carnaval à San Fransisco sont aussi :

1) Les bombes à eau : depuis plusieurs jours, on ne peut plus mettre un pied dans les rues de San Fransisco sans se faire arroser d’eau par les gamins (cachés sur les toits ou derrière les murs), trop contents de s’en prendre aux gringos.



Là, c’est Marc en train d’essayer de se défendre,
mais il n’est pas aussi entraîné que les petits du coin
(mais je ne fais pas ma maline, j ai eu ma dose aussi !!!)



2) Les concours de chants indigènes.

Nous avons déjà eu la chance d’aller soutenir 2 des groupes avec lesquels nous travaillons :

Ici le groupe des femmes de Palacio Real


Et forcément, ça se termine toujours par un jet de farine, œufs et/ou mousse à raser. Quels blagueurs !



Sous les yeux d’un public qui sait apprecier le spectacle ...




Et là, le groupe des femmes de San Fransisco




Meme les jeunes sont de la partie :







Juliana, notre adorable cuisinière


Là, c’est le guitariste du groupe, qui ne sort jamais faire le show sans sa guitare, sa gourde de Chicha, entourée d’un petit autocollant aux couleurs de « Votez Correa ! » et son pantalon en poils de chevreaux.



Allez, une petite derniere pour la route :


samedi 10 février 2007

San Francisco de Cunuguachay

Et voici maintenant une petite présentation du village où je vis : San Francisco de Cunuguachay.

Le village est situé à une altitude de 3200 mètres, près du célèbre volcan Chimborazo, à 45 minutes de bus de la ville de Riobamba (et sinon, souvent, il faut marcher 30 minutes avant de pouvoir choper le bus).

Lamas sur fond de majestueux Chimborazo



La Place du village


Rue du village


Il est exclusivement composé d’indigènes.



La communauté de San Francisco de Cunuguachay compte environ 250 familles indigènes. Par communauté, on entend l’ensemble des personnes d’un village. Au terme de pueblo (village), qui est une notion avant tout géographique, les indigènes préfèrent celle de comunidad (Communauté) qui souligne une union des êtres, une solidarité dans l’organisation d’un avenir commun.
Les personnes majeures d’une communauté se réunissent au minimum une fois par semaine pour décider des jours de minga (travail communautaire d’intérêt général) et résoudre les éventuels problèmes. Toutes les décisions se prennent à l’unanimité.


En dépit de cette organisation collective particulièrement efficace, des problèmes subsistent, à
commencer par celui de la pauvreté.
Les habitants de San Fransisco vivent quasiment tous de leurs maigres revenus de la terre et des animaux, souvent complété par le revenu du père qui part travailler à la ville. Le revenu journalier est de 2 $ pour le travail rural et 5 $ pour ceux qui sont employés en ville.

La vie de la communauté reste marquée par les défilés pendulaires des aller-retours au champs.


Le village compte aussi un groupe de femmes assez dynamique, qui a su mettre en place, avec le soutien d’Ahuana : une Maison du tourisme, une fabrique de confitures et une fabrique de chapeaux, pour accroître et pérenniser les revenus de la communauté.

Ahuana, un projet de solidarité avec et pour les indigènes

Ma venue en Equateur, et plus particulièrement dans la Province du Chimborazo, est motivée par la participation pendant 3 mois aux projets de l’association Ahuana.
Cette association a pour objectif de soutenir les initiatives de développement socio-économique des communautés indigènes de la paroisse de Calpi, depuis leur origine jusqu'à leur fonctionnement en autonomie.
Cette intervention se fait dans un pays marqué par une crise économique forte qui aggrave considérablement la pauvreté, et ce d'autant plus auprès des populations les plus pauvres du pays, à savoir les indigènes.
Ce sont auprès des communautés indigènes qu’intervient l’association, et en leur cœur que nous vivons.
Ce qui m’a intéressé dans ce projet, c’est que la création et la mise en oeuvre des projets proviennent de la volonté propre de chaque organisation communautaire.
S’appuyant sur l’organisation indigène, l’association tire partie de la force de la démocratie directe qui régit les communautés et qui crée un pouvoir de mobilisation fort. Elle apporte un appui à différents projets par une aide financière et technique (avec en général le soutien d’un volontaire durant les premiers mois de vie du projet).
En contre-partie, la communauté assure la construction des bâtiments et s’engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires au futur du projet.

Le but de l’association Ahuana est d’aider les communautés à survivre en tant que telles afin que l’exode rural ne mette pas en péril le futur du peuple Quichua. Mais 80 % des hommes ont déjà un travail en ville… et la seule chose dont rêvent les jeunes est aujourd’hui d’aller travailler en ville, ou encore mieux, à l’étranger (l’émigration est aussi une des conséquences inquiétantes de la crise économique).

Ahuana signifie « tisser » en quichua, la langue maternelle des indigènes. L’association vise en effet à permettre aux différents projets communautaires de se compléter les uns les autres, pour former ensemble un tissu socio-économique local fort.
Les projets se caractérisent par la création de micro-entreprises communautaires. Ce système d'économie solidaire a pour but de créer des sources de revenu alternatives à celles existantes, et non suffisantes pour améliorer la qualité de vie des communautés indigènes.
Il s’agit également de projets concernant l'amélioration de la santé, de l'éducation, de l'environnement.
Toutes ces initiatives ont pour but commun la valorisation et la conservation de la culture indigène (en utilisant des produits issus de l’agriculture traditionnelle indigène, en travaillant autour des fondamentaux de la culture quichua).

Le soutien de l’association Ahuana a déjà permis la mise en place :

- d’une fromagerie,

- d’une charcuterie,


- de trois garderies,




- d’un moulin et une boulangerie,


- d’une maison du tourisme (où je vis avec les autres volontaires),


- et d’une Maison du lama qui rassemble une filature de fibres de lama, un restaurant touristique à base de viande de lama et un musée du lama.


La, je suis en train d aider Emmanuelle a donner un cours de cuisine aux femmes qui tiennent le restaurant. Quand on connait mon gout pour la cuisine habituellement, ca doit faire rire !!!



- Elle travaille également à la production d’une nouvelle recette de pâtes base de Quinoa.



Toutes ces initiatives permettent de générer des sources de revenus qui redonneront fierté et espoir à un peuple trop longtemps considéré comme incapable, et encore très marqué par la discrimination dans ce pays.


Mon rôle ici devrait être, notamment, de travailler sur la promotion des différents projets, pour que la commercialisation des produits fonctionne et que les touristes viennent découvrir, ici la culture indigène. Il y a aussi dans les idees la mise en place de la 1ere Fete du lama !

Pour plus d’infos sur l’association et ses projets : http://www.ahuana.com/


Et comme le dit la devise indigène : « Shuk shunkulla, shuk makilla, shuk shimilla » (un seul cœur, une seule force, une seule voix).

Ma rencontre avec Guayasamin

Le lendemain, c’est culture. Je m’en vais d’un pas décidé découvrir les œuvres d’Oswalo Guayasamin. Un pas décidé, c’est sympa, mais ici, ça ne suffit pas. J’avais juste oublié que je suis arrivée seulement avant-hier à Quito et que ça reste une ville d’altitude. La montée vers le musée n’a donc pas manqué de me rappeler que mon corps a besoin d’un peu de temps pour s’habituer.


Quelques essoufflements plus tard, j’arrive dans cet endroit un peu perdu au milieu d’un quartier qui ne lui ressemble pas. Un véritable havre de paix : la Fondation Guayasamin. Elle regroupe la collection de l’artiste d’œuvres pré-colombiennes et coloniales, mais surtout une partie de ses toiles. Je ne connaissais malheureusement pas ce grand homme avant de me rendre chez lui, ce fut à regret. Je suis en effet tombée en passion pour son œuvre, comme un coup de foudre. Tant pour sa technique picturale que ses sujets.

Et surtout, j’ai pu prolonger mon plaisir par la visite de sa dernière création : la Capilla del Hombre (la chapelle de l’Homme), un monument-musée édifié selon ses plans (mais malheureusement terminé après sa mort en 1999).



L interieur de la Camina del Hombre



Un hommage à l’humanité, aux souffrances des populations indigènes d’Amérique latine et à l’éternel espoir d’un monde meilleur. Des cris de rage contre les dictatures, les guerres, les discriminations et injustices.

Voici 2 de ses toiles (elles sont toutes tres grandes) qui representent toutes 2 de facon cyclique la misere nee notamment des discriminations :







Pour en voir un peu plus sur Guyasamin et voir quelques-unes de ses realisations : http://www.guayasamin.com/pages/index.html

Je me suis sentie tellement bien avec son œuvre. Tout comme Quito est une ville qui me va bien, je pense que l’œuvre de Guayasamin est une œuvre qui me ressemble dans ses combats (en toute humilité, bien sûr !).

Quito : patrimoine de mon humanite

Mardi 30 janvier : ça y est, c’est le grand départ.
Décollage vers Madrid, puis Quito. Voyage sans problème. J’arrive entière dans ce tout petit aéroport situé en plein milieu de la ville ; effectivement ça permet d’avoir tout de suite une très belle vue sur la ville. Mais il faut bien avouer que survoler les habitations de si près à de quoi surprendre !!!



Vue de l avion et de Quito du meme coup !!!!!!

Jusqu’ici rien de spécial. C’est au moment de récupérer mes bagages que commence la blague. Le carton avec l’ordinateur que j’ai ramené pour l’association est bien là, mais pas mon sac. Dommage ! L’hôtesse m’explique qu’il faudra que je revienne demain, il devrait arriver avec le même vol. Ca tombe bien que je suis une voyageuse avertie et que j’avais prévu, dans mon bagage à main, le kit de survie pour tenir 2 jours (pour arrêter tout de suite le suspens, le sac est effectivement arrivé le lendemain, rien de grave, donc !).

Et puis, rien d’inquiétant puisque j’ai eu a chance d’être agréablement accueillie à l’aéroport par Elise, une amie de mon amie Quitterie qui s’est installée en Equateur avec son copain.
Nous sommes donc allées toutes les 2 le lendemain de mon arrivée découvrir Quito et surtout son centre historique. Le Vieux Quito est classé au patrimoine mondial de l’humanité. Et j’ai bien compris pourquoi. Une véritable perle ! Un quartier qui a gardé toute son authenticité. Plein de vie et d’activités très différentes, il regroupe le pouvoir politique du pays et les populations pauvres de Quito. Un patrimoine architectural splendide (hérité du passé colonial) et bien conservé au milieu duquel la vraie vie continue son cours.



La superbe Plaza Grande








La Coñpania de Jesus, l eglise la plus richement decoree du pays




Elise et moi sur la Plaza San Fransisco






Et quelques rues...

Je me suis sentie vraiment bien dans ce quartier, comme dans mon élément. Je crois que c’est un quartier qui me ressemble.

Lundi 29 janvier : impressions avant depart

Demain, c est le grand depart.

Destination : la Pastoral Indígena de Calpi, en pleines montagnes d'Equateur.

Un autre hémisphère, un autre continent, une autre langue (que je ne maîtrise pas franchement à quelques heures de partir...), et tellement de choses à découvrir. Et aussi un peu à apporter, enfin, j'espère !
Pour l'instant, pas mal de surprises dans ce qui m'attend. J'ai glané quelques infos, mais pas trop, pour le plaisir de la découverte et rester ouverte à tout ce qui peut se passer.