vendredi 20 avril 2007

De la politique en Equateur

Le week-end dernier a eu lieu en Equateur un referendum national (faisant suite à l’élection de Rafael Correa et à sa prise de poste comme président en janvier dernier).
Le referendum avait pour question : « Approuvez-vous la constitution et la mise en place d’une assemblée constituante munie des pleins pouvoirs, conformément au statut électoral ci-joint, dans le but de modifier le cadre institutionnel de l’Etat et d’élaborer une nouvelle constitution ? »

Ma curiosité et mon appétit insatiable pour la politique m’ont poussés à essayer d’entrer dans un bureau de vote du village où je me trouvais ce jour-là (à Cuiroga, dans la province d’Imbabura, au nord du pays).
Un petit sourire devant Monsieur le Militaire à l’entrée, et me voici dans la cour de l’école (ici, tous les votes se déroulent dans des écoles). Je me balade dans la cour, un autre officier s’approche de moi, me prenant pour un observateur international envoyé par une ONG. Je le remets dans la vérité, et il continue en m’expliquant comment se déroule le vote ici.




Voici ce que j’ai pu observer :

Les hommes et les femmes ne votent pas dans les mêmes pièces. J’ai eu beau en demander plusieurs fois la raison, je n’ai pas trop réussi à obtenir quelque chose de convaincant (« parce que ça va plus vite comme ça », « parce que les hommes ne savent pas respecter les files d’attente »… m’a-t-on expliqué). Sûrement pour que les hommes n’essaient pas d’influencer les femmes dans leur vote, en fait.



Ensuite, voici à quoi ressemble le bulletin de vote (là, il faut cocher sur le bulletin), pas facile quand on sait pas lire !

L’isoloir (un simple carton derrière lequel se cacher « pour respecter le secret du vote »)


Et l’urne dans laquelle déposer le bulletin



Et surtout, sachez qu’ici, du vendredi midi précédent le vote au lundi midi, il est strictement interdit, dans tout le pays, de boire de l’alcool et de danser !!!!! Pas facile …

En Equateur, le vote est obligatoire (on vous remet un certificat de votation, qui vous est indispensable pour toutes les démarches administratives). Sinon, ceux qui ne votent pas doivent payer une amende assez lourde.

Je me demande juste combien de personnes ont réellement été en mesure de lire le texte qui leur a été soumis et dont ils n’avaient, je pense, que peu de moyens de se procurer le contenu avant d’arriver au bureau de vote puisque celui-ci ne leur a pas été envoyé par courrier avant (dans bien des communautés comme celle de San Francisco où je vis, il n’y a pas de courrier qui arrive d’ailleurs). Il était disponible sur Internet, m’a-t-on dit ! Surtout quand on pense au taux d’analphabétisme qui s’élève à 9,5 % dans le pays (pus spécifiquement, on compte 16,5 % d’analphabètes dans le Chimborazo où je vis, et 43 % dans la population indigène rurale de la province).

Au final, l’Assemblée Constituante a été acceptée à 78 %. Un nouveau départ, je l’espère, pour ce pays qui le mérite bien, et qui a bien du mal avec ses institutions corrompues et ses gouvernements instables.


Ce dimanche, c’est à notre tour de voter. J’espère qu’on fera tous le bon choix...

1 commentaire:

Kindy a dit…

Tres bon article, qui me permet d'ailleurs de mieux me rendre compte de ce dont j'ai entendu parler.
..ohh , je crois que je vais te mettre en favori ! LOL ^^