Les quelques temps que j’ai pu passer ici, au sein de la communauté de San Francisco, m’ont permis de percevoir un peu, au gré des conversations avec les dites-femmes et avec les personnes qui vivent ici depuis longtemps, à quoi ressemble la journée d’une femme de San Francisco de Cunuguahay.
Pour elle, tous les jours se déroulent certainement tous assez invariablement comme cela : se lever à 5h du matin (ou peut-être plus tôt) pour aller couper l'herbe pour les animaux et amener les animaux aux champs, rentrer à la maison cuisiner pour toute la famille, et ramener du bois pour la cuisine, retourner désherber les champs de pommes de terre, labourer et planter pendant des heures, donner le sein au petit dernier qu’elle porte sur son dos toute la journée, aller vendre quelques petits animaux au marché de Riobamba, rentrer à la maison épuisée, mais la journée n’est pas terminée. Il faut encore aller rechercher les moutons aux champs, cuisiner pour le soir, voir son mari rentrer ivre mort après avoir dépensé tout ce qu'il a gagné aujourd'hui, manger en famille le même plat qu’hier et que tous les jours précédents, aller à la réunion communautaire pour parler de la minga de demain . Et enfin rentrer chez soi, érientée. Penser à sa nuit de sommeil bien méritée, mais c’est certainement sans compter sur son mari qui fera une réapparition après avoir un peu désoaoulé et qui exigera peut-être des relations sexuelles, que sa femme en ait envie ou pas...
Heureusement que la vie est aussi ponctuée de jours de fête...
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